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    Ervin Hatibi : Republick of Albanania
    Les ordures de mon pays sont devenues belles
    Elles sont devenues belles, les ordures de mon pays :

    ce ne sont plus que des épluchures de patates,

    d'oignons ou des journaux jetés,

    ou des chaussures pourries,

    ou des chats crevés.


    Il y a plus d'ordures et elles sont devenues belles,

    colorées comme la fin d'un rêve matinal :

    des papiers de chocolats argentés,

    des emballages à devinette

    des photos interdites d'artistes nus

    de belles boîtes de boissons étrangères,

    des ordures haut-de-gamme : une K7, la moitié

    d'un magnétoscope, le squelette d'une bagnole.

    Et voici des brosses à dents,

    comme des Petits Poucets de contes décédés.


    Des tas d'ordures : les couvertures déchiquetées des emptyemptyemptyemptyemptyemptoeuvres du dictateur,

    ses photos souriantes et sales.

    Nous passons à côté des ordures, parmi les ordures,

    des ordures dans nos mémoires, dans nos conversations, emptyemptyemptyemptyemptyemptydans nos bureaux :

    Les vraies ordures, n'est-ce pas, sont parfois moins laides,
    sûrement moins nocives.


    Lisez d'autres poèmes de Visar Zhiti en traduction française.





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