Christos Chryssopoulos - Grèce

Istanbul vice-versa
Traduit de l'anglais par Santiago Artozqui


En mars 2012 est parue chez Actes Sud la traduction française du nouveau livre de Christos Chryssopoulos : La Destruction du Parthénon.


Le voyage est toujours vécu en souvenir.

[C. Chryssopoulos, The Language Box]

Ce qui aurait pu être, comme ce qui a été,
Pointe vers une fin, qui est toujours le présent.

[T.S. Eliot, N° 1 des Quatre Quatuors]


J’ai marché toute la journée sur le trottoir humide, l’esprit en éveil. Des taxis m’ont emmené à différents endroits, j’ai pris le tram, j’ai entendu des histoires, vu des visages, rencontré des gens. J’étais tendu, curieux et fatigué. Ma réalité n’était qu’une matrice floue de points de départ et d’arrivée. Constamment, je me répétais de ne pas oublier ce que j’avais vu. Cette ville m’était inconnue. Je me disais : tu dois retenir ceci dans le bon ordre.

                                                    -/-

Les enceintes sur le toit du pick-up étaient reliées à un lecteur CD. Deux hommes, appuyés contre les pare-chocs, fumaient une cigarette. Quand la chanson s’est mise à résonner, les enfants sur la place ont arrêté leurs jeux. Ils se sont agglutinés autour du véhicule, les yeux fixés sur les grosses enceintes noires. L’un d’eux s’est avancé. Il était âgé de six ans environ, trapu, les cheveux noirs et fins, les bras musclés. Il a fermé les yeux de façon romantique, tendu les bras comme pour enserrer une partenaire et commencé à mimer un couple de danseurs. Un sourire un peu torve lui barrait le visage, comme s’il était sur le point d’éclater de rire. Les autres enfants l’ont acclamé. Dans la lumière ténue, il semblait être un nain, ou un adulte qui aurait mal grandi. Quelqu’un a tendu la jambe pour lui faire un croche-patte. Il est tombé sur les genoux, les yeux exorbités, puis a éclaté de rire et de colère. Il s’est relevé et a bondi sur le garçon qui l’avait fait trébucher. C’est alors que le tram a redémarré, la scène a rapidement glissé hors de mon champ de vision : tu dois retenir ceci dans le bon ordre.

                                                    -/-

Une voiture de luxe blanche a passé le coin de la rue, s’est frayée un chemin au milieu des badauds et est montée sur le trottoir. Le chauffeur a quitté son volant pour aller ouvrir la portière à l’arrière. En sortant de la voiture, elle a levé la main, mais pas assez vite pour dissimuler l’éclaboussure mauve du naevus sur le côté gauche de son visage. Il naissait juste sous l’œil et s’étendait le long de la joue, net comme une marque de coup, d’une texture pelucheuse. D’un geste sûr, souvent répété, elle a allumé une cigarette afin de masquer le naevus. Elle s’est tournée, a gravi les marches du restaurant. Ce faisant, elle m’a dévoilé le côté droit de son visage. Subitement, elle présentait un profil digne d’un camée, une peau parfaite, un nez évasé, un beau menton bien rond. Je me suis senti gêné, et j’ai baissé les yeux sur mon assiette.

                                                    -/-

La bagarre ne faisait pratiquement pas de bruit. Les deux hommes chancelaient, à peine capables de rester en équilibre. Lorsque la main de l’un heurtait le coude ou le poignet de l’autre, ce dernier titubait, faisait un pas de côté, tentait désespérément d’éviter la chute. Même les coups les plus francs semblaient dévoiler une étrange faiblesse, à la façon dont les corps s’incurvaient. Comme dans un ballet fantasmatique filmé au ralenti, les deux hommes se donnaient des coups dans la pénombre, ils trébuchaient, tombaient, s’affalaient sur les murs, se heurtaient parfois, puis reculaient en vacillant, et leurs bras battaient l’air avec des gestes aussi lents que sauvages. L’un d’eux, celui qui portait une chemise blanche, a reculé de deux pas en s’appliquant à prendre la posture d’un boxeur qui relève sa garde. Il a balancé un direct du gauche dans le vide, tandis que du pouce droit, il se frottait le nez en reniflant. Son visage s’est durci. Tu dois retenir ceci dans le bon ordre : il a plissé les yeux et commencé à tourner autour de son adversaire. L’autre le regardait, fasciné, les bras ballants, impressionné par la tournure que prenaient les événements. Soudain, il s’est laissé tomber sur une chaise avec un geste de soumission. L’homme à la chemise blanche est resté immobile. Devant lui, il n’y avait plus que le mur nu, mais il a délibérément cogné dessus très fort. J’ai presque entendu le craquement sec de ses os qui se brisaient. Il s’est approché de l’autre homme, lequel s’est immédiatement relevé, mais sa résolution l’avait abandonné. Ils ont glissé dans les flaques, se sont heurtés. La rixe ne semblait pas devoir finir d’une façon nette, les gens ont arrêté de regarder. Les ombres ont gagné la scène, lui donnant un aspect irréel, jusqu’à ce qu’elle finisse par s’éteindre, laissant les deux hommes épaule contre épaule, le souffle court, ne sachant plus pourquoi ils en étaient arrivés là.

                                                    -/-

Le long de la mer, les voitures avançaient d’un feu à l’autre par saccades, comme un vol d’oiseaux disciplinés. Tels des jockeys, les conducteurs les plus rapides zigzaguaient entre les files, gagnant une ou deux places entre chaque feu. Les véhicules devant nous bougeaient en rythme, leurs feux de position clignotaient en rouge après chaque poussée sur la pédale de frein. Nous nous sommes arrêtés à un feu, à côté d’un parc, et un petit groupe de vieux est sorti d’entre les arbres. Ils se sont postés près de notre voiture. L’un d’eux portait un peignoir et des chaussons. Un goulot de bouteille dépassait de sa poche. Ils étaient tous légèrement ivres, ils ont fixé notre voiture avec un air de défi. L’homme a tiré la bouteille de sa poche et dévissé le bouchon. Il l’a portée à sa bouche en nous dévisageant. Lorsqu’il a rejeté sa tête en arrière, ses tendons ont lissé la peau ridée de son cou. Le feu est passé au vert, le peloton de voitures s’est préparé à accélérer de nouveau.

                                                    -/-

En lui donnant la main, j’ai aidé Helen à descendre les gros rochers. Derrière nous, on entendait encore le couinement strident des pneus sur la voie rapide qui longe la côte, mais nous ne pouvions voir que la mer et le pont qui, au loin, s'étalait en travers du golfe. Un bateau de pêche mouillait près de la rive, immobile, devant une ombre qui flottait dans l’eau. Dans le ciel, deux avions à réaction progressaient lentement, deux petits triangles brillants à l’extrémité d’une longue traînée de vapeur, immaculée, parfaite : tu dois retenir ceci dans le bon ordre. Tu dois transcrire ceci dans le bon ordre. Deux petits triangles brillants à l’extrémité d’une longue traînée de vapeur, immaculée, parfaite. Deux avions à réaction progressaient lentement dans le ciel. Un bateau de pêche mouillait près de la rive, immobile, devant une ombre qui flottait dans l’eau. Derrière nous, on entendait encore le couinement strident des pneus sur la voie rapide qui longe la côte, mais nous ne pouvions voir que la mer et le pont qui, au loin, s'étalait en travers du golfe. En lui donnant la main, j’ai aidé Helen à descendre les gros rochers.

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Lorsqu’il a rejeté sa tête en arrière, ses tendons ont lissé la peau ridée de son cou. L’homme avait tiré la bouteille de sa poche et dévissé le bouchon. Il l’avait portée à sa bouche en nous dévisageant. Ils étaient tous légèrement ivres, ils ont fixé notre voiture avec un air de défi. Ils se sont postés près de notre taxi. L’un d’eux portait un peignoir et des chaussons. Un goulot de bouteille dépassait de sa poche. Nous nous étions arrêtés à un feu, à côté d’un parc, et un petit groupe de vieux était sorti d’entre les arbres. Le feu est passé au vert, le peloton de voitures s’est préparé à accélérer de nouveau. Les véhicules devant nous bougeaient en rythme, leurs feux de position clignotaient en rouge après chaque poussée sur la pédale de frein. Tels des jockeys, les conducteurs les plus rapides zigzaguaient entre les files, gagnant une ou deux places entre chaque feu. Le long de la mer, les voitures avançaient d’un feu à l’autre par saccades, comme un vol d’oiseaux disciplinés.

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Les ombres ont gagné la scène, lui donnant un aspect irréel, jusqu’à ce qu’elle finisse par s’éteindre, laissant les deux hommes épaule contre épaule, le souffle court, ne sachant plus pourquoi ils en étaient arrivés là. Les gens ont arrêté de regarder. Ils ont glissé dans les flaques, se sont heurtés. La rixe ne semblait pas devoir finir d’une façon nette. L’homme à la chemise blanche s’est approché de l’autre, lequel s’est immédiatement relevé, mais sa résolution l’avait abandonné. Devant lui, il n’y avait plus que le mur nu, mais il a délibérément cogné dessus très fort. J’ai presque entendu le craquement sec de ses os qui se brisaient. Il est resté immobile. Soudain, il s’est laissé tomber sur une chaise avec un geste de soumission. L’autre le regardait, fasciné, les bras ballants, impressionné par la tournure que prenaient les événements. Tu dois transcrire ceci dans le bon ordre : Son visage s’est durci. Il a plissé les yeux et commencé à tourner autour de son adversaire. Il a balancé un direct du gauche dans le vide, tandis que du pouce droit, il se frottait le nez en reniflant. L’un d’eux, celui qui portait une chemise blanche, a reculé de deux pas en s’appliquant à prendre la posture d’un boxeur qui relève sa garde. Comme dans un ballet fantasmatique filmé au ralenti, les deux hommes se donnaient des coups dans la pénombre, ils trébuchaient, tombaient, s’affalaient sur les murs, se heurtaient parfois, puis reculaient en vacillant, et leurs bras battaient l’air avec des gestes aussi lents que sauvages. Même les coups les plus francs semblaient dévoiler une étrange faiblesse, à la façon dont les corps s’incurvaient. Les deux hommes chancelaient, à peine capables de rester en équilibre. Lorsque la main de l’un heurtait le coude ou le poignet de l’autre, ce dernier titubait, faisait un pas de côté, tentait désespérément d’éviter la chute. La bagarre ne faisait pratiquement pas de bruit.

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Je me suis senti gêné, et j’ai baissé les yeux sur mon assiette. Elle présentait un profil digne d’un camée, une peau parfaite, un nez évasé, un beau menton bien rond. Quand elle s’était tournée, elle m’avait dévoilé le côté droit de son visage. Elle a descendu les marches du restaurant. D’un geste sûr, souvent répété, elle a allumé une cigarette afin de masquer le naevus. Il naissait juste sous l’œil et s’étendait le long de la joue, net comme une marque de coup, d’une texture pelucheuse. En entrant dans la voiture, elle a levé la main, mais pas assez vite pour dissimuler l’éclaboussure mauve du naevus sur le côté gauche de son visage. Le chauffeur a quitté son volant pour aller fermer la portière à l’arrière. Une voiture de luxe blanche a passé le coin de la rue, s’est frayée un chemin au milieu des badauds et s’est éloignée en montant sur le trottoir.

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Tu dois transcrire ceci dans le bon ordre : c’est alors que le tram a redémarré, la scène a rapidement glissé dans mon champ de vision. Il s’est relevé et a bondi sur le garçon qui l’avait fait trébucher. Les yeux exorbités, il a éclaté de rire et de colère. Quelqu’un avait tendu la jambe pour lui faire un croche-patte et il était tombé. Les autres enfants l’ont acclamé. Dans la lumière ténue, il semblait être un nain, ou un adulte qui aurait mal grandi. Un sourire un peu torve lui barrait le visage, comme s’il était sur le point d’éclater de rire. Il a fermé les yeux de façon romantique, tendu les bras comme pour enserrer une partenaire et commencé à mimer un couple de danseurs. C’était un garçon trapu, âgé de six ans environ, les cheveux noirs, épais, les bras musclés. Les enfants se sont agglutinés autour du véhicule, les yeux fixés sur les grosses enceintes noires. Quand la chanson s’est mise à résonner, les enfants sur la place ont arrêté leurs jeux. Deux hommes, appuyés contre les pare-chocs, fumaient une cigarette. Les enceintes sur le toit du pick-up étaient reliées à un lecteur CD.

                                                    -/-

Je me disais : tu dois transcrire ceci dans le bon ordre. Cette ville m’était inconnue. Constamment, je me répétais de ne pas oublier ce que j’avais vu. J’étais tendu, curieux et fatigué. Des taxis m’ont emmené à différents endroits, j’ai pris le tram, j’ai entendu des histoires, vu des visages, rencontré des gens. J’ai marché toute la journée sur le trottoir humide, l’esprit en éveil. Ici, j’étais un étranger. Et je suis toujours un étranger, ici. Ma réalité n’est qu’une matrice floue de points de départ et d’arrivée. Je marche toute la journée sur le trottoir humide, l’esprit en éveil. Des taxis m’emmènent à différents endroits, je prends le tram, j’entends des histoires, je vois des visages, je rencontre des gens. Je suis tendu, curieux et fatigué. Cette ville m’est inconnue. Je me répète de ne pas oublier ce que je vois. Constamment, je me rassure en disant : je vois ceci dans le bon ordre.

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Les enceintes sur le toit du pick-up sont reliées à un lecteur CD. Deux hommes, appuyés contre les pare-chocs, fument une cigarette. Quand la chanson se met à résonner, les enfants sur la place arrêtent subitement leurs jeux. Ils s’agglutinent autour du véhicule, les yeux fixés sur les grosses enceintes noires. L’un d’eux s’avance. Il est âgé de six ans environ, trapu, les cheveux noirs, épais, les bras musclés. Il ferme les yeux de façon romantique, tend les bras comme pour enserrer une partenaire et commence à mimer un couple de danseurs. Un sourire un peu torve lui barre le visage, comme s’il était sur le point d’éclater de rire. Les autres enfants l’acclament. Dans la lumière ténue, il semble être un nain, ou un adulte qui aurait mal grandi. Quelqu’un tend la jambe pour lui faire un croche-patte. Il tombe sur les genoux, les yeux exorbités, éclate de rire et de colère. Puis il se relève et bondit sur le garçon qui l’a fait trébucher. C’est alors que le tram redémarre, la scène glisse rapidement hors de mon champ de vision : je vois ceci dans le bon ordre.

                                                    -/-

Je m’installe dans un petit restaurant à côté de l’arrêt du tramway. Une voiture de luxe blanche passe le coin de la rue, se fraye un chemin au milieu des badauds et monte sur le trottoir. Le chauffeur quitte son volant pour aller ouvrir la portière à l’arrière. En sortant de la voiture, elle lève la main, mais pas assez vite pour dissimuler l’éclaboussure mauve d’un naevus sur le côté gauche de son visage. Il naît juste sous l’œil et s’étend le long de la joue, net comme une marque de coup, d’une texture pelucheuse. D’un geste sûr, souvent répété, elle allume une cigarette afin de masquer le naevus. Elle se tourne, gravit les marches du restaurant. Ce faisant, elle me dévoile le côté droit de son visage. Elle présente un profil digne d’un camée, une peau parfaite, un nez évasé, un beau menton bien rond. Je me sens gêné, et je baisse les yeux sur mon assiette.

                                                    -/-

Je marche de nouveau. Une bagarre attire mon attention. La bagarre ne fait pratiquement pas de bruit. Les deux hommes chancèlent, à peine capables de rester en équilibre. Lorsque la main de l’un heurte le coude ou le poignet de l’autre, ce dernier titube, fait un pas de côté, tente désespérément d’éviter la chute. Même les coups les plus francs semblent dévoiler une étrange faiblesse, à la façon dont les corps s’incurvent. Comme dans un ballet fantasmatique filmé au ralenti, les deux hommes se donnent des coups dans la pénombre, ils trébuchent, tombent, s’affalent sur les murs, se heurtent parfois, puis reculent en vacillant, et leurs bras battent l’air avec des gestes aussi lents que sauvages. L’un d’eux, celui qui porte une chemise blanche, recule de deux pas en s’appliquant à prendre la posture d’un boxeur qui relève sa garde. Il balance un direct du gauche dans le vide, tandis que du pouce droit, il se frotte le nez en reniflant. Son visage se durcit. Je vois ceci dans le bon ordre : Il plisse les yeux et commence à tourner autour de son adversaire. L’autre le regarde, fasciné, les bras ballants, impressionné par la tournure que prennent les événements. Soudain, il se laisse tomber sur une chaise avec un geste de soumission. L’homme à la chemise blanche reste immobile. Devant lui, il n’y a plus que le mur nu, mais délibérément, il cogne dessus très fort. J’entends presque le craquement sec de ses os qui se brisent. Il s’approche de l’autre homme, lequel se relève immédiatement, mais sa résolution l’a abandonné. Ils glissent dans les flaques, se heurtent. La rixe ne semble pas devoir finir d’une façon nette, les gens arrêtent de regarder. Les ombres gagnent la scène, lui donnant un aspect irréel, jusqu’à ce qu’elle finisse par s’éteindre, laissant les deux hommes épaule contre épaule, le souffle court, ne sachant plus pourquoi ils en sont arrivés là.

                                                    -/-

Le long de la mer, les voitures avançaient d’un feu à l’autre par saccades, comme un vol d’oiseaux disciplinés. Tels des jockeys, les conducteurs les plus rapides zigzaguent entre les files, gagnant une ou deux places entre chaque feu. Les véhicules devant nous bougent en rythme, leurs feux de position clignotent en rouge après chaque poussée sur la pédale de frein. Nous nous arrêtons à un feu, à côté d’un parc, et un petit groupe de vieux sort d’entre les arbres. Ils se postent près de notre taxi. L’un d’eux porte un peignoir et des chaussons. Un goulot de bouteille dépasse de sa poche. Ils sont tous légèrement ivres, ils fixent notre voiture avec un air de défi. L’homme tire la bouteille de sa poche et dévisse le bouchon. Il la porte à sa bouche en nous dévisageant. Lorsqu’il rejette sa tête en arrière, ses tendons lissent la peau ridée de son cou. Le feu passe au vert, et le peloton de voitures se prépare à accélérer de nouveau.

                                                    -/-

C’est la fin de l’après-midi. En lui donnant la main, j’aide Helen à descendre les gros rochers. Derrière nous, on entend encore le couinement strident des pneus sur la voie rapide qui longe la côte, mais nous ne pouvons voir que la mer et le pont qui, au loin, s'étale en travers du golfe. Un bateau de pêche mouille près de la rive, immobile, devant une ombre qui flotte dans l’eau. Dans le ciel, deux avions à réaction progressent lentement, deux petits triangles brillants à l’extrémité d’une longue traînée de vapeur immaculée, parfaite. Je vois ceci dans le bon ordre.

                                                    -/-

Toute la journée à pied sur le trottoir humide, l’esprit en éveil. Des taxis l’ont emmené à différents endroits, il a pris le tram, entendu des histoires, vu des visages, rencontré des gens. Tendu, curieux et fatigué. Sa réalité n’est qu’une matrice floue de points de départ et d’arrivée. Constamment, il se répète de ne pas oublier le bon ordre…







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